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LIBRAIRIE DE GIDE FILS,


à Paris, rue Saint-Marc-Feydeau, n° 20.
VOYAGE
DE MM. DE HUMBOLDT ET A. BONPLAND.
(PHYSIQUE GÉNÉRALE.)


Anmerkung von Humboldt (am linken Rand)ein Prospectus den Sie ganz benuzen können, weil er
die ganze Entstehung der Pflanzen Geographie
(die littera
rische
Geschichte)
wahr darstellt.
Dieser Prospect
ist so wenig als
das Werk
nie ins
Publikum
gekommen.
GÉOGRAPHIE DES PLANTES,
RÉDIGÉE
D'APRÈS LA COMPARAISON DES PHÉNOMÈNES QUE PRÉSENTE LA VÉGÉTATION
DANS LES DEUX CONTINENS,
PAR ALEXANDRE DE HUMBOLDT ET CHARLES KUNTH.
Un volume in-folio sur papier jésus vélin satiné, avec planches, la plupart coloriées.
OUVRAGE PRÉCÉDÉ D'UN TABLEAU PHYSIQUE DES RÉGIONS ÉQUINOXIALES,
PAR ALEXANDRE DE HUMBOLDT ET AIMÉ BONPLAND.



A côté de la Botanique proprement dite, qui examine les caractères, l'organisation et les rapports
des végétaux, se place une autre science, dont l'origine ne date pas d'un demi-siècle. Désignée sous le
nom un peu vague de Géographie des plantes, elle lie la Botanique descriptive à la Climatologie; elle
indique le nombre, l'aspect et la distribution des végétaux sous les différentes zones, depuis l'équateur
jusqu'au cercle polaire, depuis les profondeurs de l'Océan et des mines qui renferment les germes des
plantes cryptogames, jusqu'à la limite des neiges perpétuelles, qui varie selon la latitude des lieux et
la nature des pays circonvoisins. Incomplète comme la Géologie, mais plus neuve que cette partie de nos
connaissances physiques, elle a été, dès son origine, moins exposée à ces illusions de l'esprit, à ces
rêveries systématiques par lesquelles l'imagination de l'homme se plaît à suppléer au défaut des faits
positifs. La marche des sciences suit toujours l'esprit du siècle qui préside à leur développement, et la
Géographie des plantes a été cultivée avec le plus d'ardeur à l'époque où le goût de l'observation est devenu
dominant, où toutes les branches de la philosophie naturelle ont adopté des méthodes plus sévères.

Les voyageurs qui parcouraient un grand espace de terrain, qui abordaient à des côtes lointaines, ou
gravissaient des chaînes de montagnes dont les pentes offrent une diversité de climats superposés comme
par étages, étaient frappés à chaque instant des phénomènes curieux de la distribution géographique des
végétaux: on peut dire qu'ils recueillaient des matériaux pour une science dont le nom avait à peine été
prononcé. Ces mêmes zones de végétaux, dont le cardinal Bembo, dès le seizième siècle, avait décrit,
avec tous les charmes de l'éloquence latine, l'étendue et la succession sur les flancs de l'Etna, l'infati-
gable et judicieux Tournefort les retrouva en s'élevant sur le sommet de l'Ararat. Il compara les flores
des montagnes avec les flores des plaines sous différentes latitudes: il reconnut le premier que l'élévation
au-dessus du niveau de la mer agit sur la distribution des végétaux, comme la distance au pole ou le
changement en latitude.

Le génie de Linné féconda les germes d'une science naissante; mais embrassant, dans son impatiente
ardeur, le présent et le passée, la Géographie des plantes et leur histoire, il se livra, dans son
mémoire De telluris habitabilis incremento et dans les Coloniæ plantarum, à des hypothèses hardies. Il
| 2voulut remonter à l'origine des espèces multipliées par la déviation accidentelle d'un type primitif, suivre
les changemens des variétés devenues constantes, dépeindre l'ancien état de nudité de la croûte pierreuse
de notre planète recevant peu à peu les végétaux d'un centre commun et après de longues migrations.
Haller, Gmelin, Pallas, et surtout Reinhold et George Forster étudièrent avec une attention suivie la
distribution géographique de quelques espèces: mais, négligeant l'examen rigoureux des plantes qu'ils
avaient recueillies, ils confondirent souvent les productions alpines de l'Europe tempérée avec celles des
plaines de la Laponie. On admettait prématurément l'identité de ces dernières avec des espèces propres
aux Terres Magellaniques et à d'autres parties de l'hémisphère austral. Déjà Adanson avait entrevu l'ex-
trême rareté des Ombellifères sous la zone torride, et préludé par-là à la connaissance d'une série de
phénomènes généralement reconnus de nos jours. La description des végétaux, d'après les divisions d'un
système artificiel, a ralenti long-temps l'étude de leurs rapports avec les climats. Dès que les espèces
ont été arrangées par familles naturelles, on a pu démêler les formes dont le nombre augmente ou
diminue de l'équateur vers le cercle polaire.

Menzel, auteur d'une flore inédite du Japon, avait prononcé le mot: Géographie des plantes. Il est
des sciences dont le nom a existé, pour ainsi dire, avant la science même. Telles ont été, il y a un demi-siècle,
la Météorologie, l'étude physionomique et la Pathologie des végétaux, on peut presque ajouter la Géologie
même. Le nom, prononcé par Menzel, fut employé, vers l'année 1783, presque à la fois par Giraud Sou-
lavie
et par le célèbre auteur des Etudes de la nature, ouvrage qui renferme, à côté de graves erreurs sur
la physique du globe, les vues les plus ingénieuses sur les formes, les rapports géographiques et les
habitudes des plantes. Ces deux auteurs, d'un talent et d'un mérite si inégal, s'abandonnèrent trop
souvent aux libres inspirations de la pensée. Le manque de connaissances positives les empêcha d'avancer
dans une carrière dont ils ne savaient mesurer l'étendue. Giraud Soulavie voulut appliquer les principes
exposés dans sa Géographie de la nature, à la Géographie physique des végétaux de la France méridionale;
mais le contenu de son livre ne répondit guère à un titre si présomptueux. On cherche en vain, dans
cette prétendue Géographie des plantes, les noms d'espèces qui croissent spontanément, ou des mesures
indiquant la hauteur des stations. L'auteur se borne à quelques observations sur les plantes cultivées;
observations que plus tard Arthur-Young a développées avec plus de sagacité et de savoir. Il distingue
dans une coupe verticale du Mont-Mezin, auquel est jointe non une échelle en toises, mais une échelle de
la hauteur du mercure dans le baromètre, les trois zones superposées des oliviers, des vignes et des châ-
taigniers.

C'est vers la fin du dernier siècle que la détermination plus précise de la température moyenne
et les méthodes perfectionnées des mesures barométriques, ont fourni des moyens de reconnaître
plus rigoureusement l'influence des hauteurs sur la distribution des végétaux dans les Alpes et dans les
Pyrénées. Ce que Saussure ne put qu'indiquer dans des observations éparses, Ramond le développa avec
la supériorité du talent qui caractérise ses ouvrages. Botaniste, physicien et géologue à la fois, il fournit dans
les Observations faites dans les Pyrénées
, dans son Voyage à la cime du Mont-Perdu, et dans son Mémoire
sur la végétation alpine
, des données précieuses sur la Géographie des plantes de l'Europe entre les paral-
lèles de 42°½ et 45° de latitude. Ces données ont été multipliées par Lavy, Kielmann, et surtout par
M. Decandolle, dans son introduction à la troisième édition de la Flore française. De savans et intré-
pides voyageurs, Labillardière, Desfontaines et Du Petit-Thouars interrogèrent la nature, presque à la
même époque, dans la Mer du Sud, sur le dos de l'Atlas et dans les îles d'Afrique. Des questions
générales de géographie botanique furent traitées par deux savans distingués d'Allemagne. Dans une
dissertation académique (Historiæ vegetabilium geographicæ spécimen), M. Stromeyer essaya de tracer le
plan de la science entière en énumérant d'une manière concise les objets qu'elle lui parut embrasser;
tandis que M. Tréviranus, dans ses Recherches biologiques, développait d'une manière très-spirituelle
quelques conjectures sur la distribution climatérique, non des espèces, mais des genres et des familles.

Tel était l'ensemble des matériaux que l'on trouvait dispersés dans les relations des voyageurs et les
mémoires de quelques naturalistes français, allemands et anglais, lorsque M. de Humboldt, s'aidant
des travaux importans de M. Bonpland, publia d'abord, après son retour en Europe, l'Essai sur la Géo-
graphie des plantes, fondée sur des mesures qui ont été exécutées depuis les 10o de latitude boréale jusqu'aux
10o de latitude australe
. C'était le premier ouvrage spécialement consacré à considérer la végétation dans ses
rapports divers avec la température moyenne des lieux, avec la pression, l'humidité, la transparence et
la tension électrique de l'atmosphère ambiante; à fixer ces rapports d'après des mesures directes, et à
tracer le Tableau des plantes équinoxiales depuis le niveau de l'Océan jusqu'à 5000 mètres de hauteur.
Pour faire ressortir davantage les traits caractéristiques de ce Tableau, l'auteur s'était astreint à com-
parer les phénomènes de la végétation des régions tropicales avec ceux que l'on observe dans les régions froides
et tempérées. Un travail de ce genre ne pouvait être que très-incomplet; cependant, malgré son imperfection,
peut-être par la grandeur imposante des objets et par l'enchaînement des phénomènes qu'il présente à
l'imagination, le livre de M. de Humboldt a obtenu d'honorables suffrages, et contribué à répandre le
goût et l'étude de la Géographie des plantes. Dans ces dernières quinze années, Robert Brown, Léopold de
Buch
, Chrétien Smith, Decandolle, Wahlenberg, Ramond, Willdenow, Schouw, Hornemann, Delile, Kas-
thofer
, Link, Lichtenstein, Schrader, Giesecke, Chamisso, Winch, Bossi, Lambert, Wallich, Govan, Walker
Arnott
, Hornschuh [sic], Hooker, Lamouroux, Leschenault, Bory de Saint-Vincent, Pollini, Caldas, Llave,
Bustamante, Auguste de Saint-Hilaire, Martius, Mirbel, Nees von Esenbeck, Moreau de Jonnès, Bartling,
Boué, Steven, Bieberstein, Parrot, James, Sabine, Edwards, Fisher, Gaudichaud, d'Urville, Lesson,
Richardson, Reinwardt, Horsfield, Burchell, Nuttal, Schübler, Ringier et Viviani, ont ou traité des ques-
tions relatives à cette science, ou fourni des matériaux propres à en reculer les limites. Robert
Brown
, dont le nom brille du plus vif éclat dans les fastes de la Botanique, y a contribué plus qu'aucun
| 3 autre par quatre mémoires célèbres sur les Protéacées de l'hémisphère austral et sur la distribution
géographique des plantes de la Nouvelle-Hollande
, des côtes occidentales de l'Afrique et des Terres
polaires boréales
. Il a commencé à examiner rigoureusement les espèces qui sont identiques dans l'un
et l'autre hémisphère; il a fait connaître le premier, par des évaluations numériques, les véritables
rapports qu'offrent les grandes divisions du règne végétal, les Acotylédonées, les Monocotylédonées et les
Dicotylédonées. M. de Humboldt a suivi ce genre de recherches, en l'étendant (dans son ouvrage De
distributione geographica plantarum secundum cœli temperiem et altitudinem montium
et dans divers
mémoires publiés successivement) aux familles naturelles et à leur prépondérance sous différentes zones.
Celles qui augmentent de l'équateur vers le pole sont les Ericinées et les Amentacées: les familles qui
diminuent du pole vers l'équateur sont les Légumineuses, les Rubiacées, les Euphorbiacées et les Mal-
vacées. En comparant les deux continens, on trouve en général, sous la zone tempérée, moins de Labiées
et de Crucifères, et plus de Composées, d'Ericinées et d'Amentacées dans le Nouveau-Continent que
dans les zones correspondantes de l'ancien. C'est de la distribution des formes végétales, de cette pré-
pondérance de certaines familles que dépend le caractère du paysage, l'aspect d'une nature sévère ou
riante. L'abondance des Graminées, plantes sociales, qui forment de vastes savanes, celle des Palmiers
et des Conifères, ont influé de tout temps sur l'état social des peuples, sur leurs mœurs et le développe-
ment plus ou moins lent des arts de la civilisation. Il y a plus encore: l'unité de la nature est telle, que
les formes se sont limitées les unes les autres d'après des lois constantes et immuables dont l'intelli-
gence humaine n'a point encore pénétré le secret. Lorsqu'on connaît sur un point quelconque du globe
le nombre des espèces qu'offre une des grandes familles, par exemple celle des Glumacées, des Com-
posées ou des Légumineuses, on peut évaluer avec quelque probabilité, et le nombre total des plantes
phanérogames, et le nombre des espèces qui composent les autres tribus de végétaux.

C'est avec une constance infatigable que Walhenberg [sic] a embrassé les Flores de la Laponie, des
Monts-Carpathes et des Alpes de la Suisse. Fondés sur des mesures barométriques exactes, liés aux tra-
vaux de M. Decandolle sur la France, et de MM. de Parrot et d'Engelhardt sur le Caucase, les ouvrages de
Wahlenberg nous ont fait conaître les limites inférieures et supérieures des végétaux dans la zone tem-
pérée et glaciale. Il manquait un chaînon entre les observations de l'Europe et celles de la zone torride.
Cette lacune a été remplie par un illustre géologue, M. Léopold de Buch. Après avoir mesuré la hauteur des
glaces éternelles au-delà du cercle polaire, ce savant a tracé, conjointement avec l'infortuné botaniste norvé-
gien M. Smith, le tableau de la Géographie des plantes dans l'Archipel des Canaries. Des voyageurs
anglais ont fait connaître, par des entreprises courageuses, la végétation de l'Himalaya dont la pente
septentrionale, à cause du rayonnement de la chaleur des hautes plaines circonvoisines, se trouve
dénuée de neiges, et accessible aux espèces phanérogames à une hauteur prodigieuse. Des expéditions
maritimes ont ajouté à ces trésors. Celles de Krusenstern, Kotzebue, Freycinet, Scoresby, Ross, Parry,
King et Duperrey ont multiplié, depuis les Malouines et les îles Mariannes jusqu'à Unalaska et au
détroit de Barrow, les observations de Géographie botanique dans des régions déjà illustrées par les
travaux de Commerson, de Banks, de Solander, de George Forster et de Giesecke.

Tant de matériaux renfermés dans des mémoires écrits en différentes langues, méritaient sans doute d'être
recueillis avec soin, comparés entre eux, employés à enrichir une des plus belles parties de la philosophie
naturelle. La première édition de l'Essai sur la Géographie des plantes, qui se trouve à la tête de l'ouvrage
de MM. de Humboldt et Bonpland, est épuisée depuis plusieurs années. On a eu le projet de la réimprimer
avec quelques additions; mais M. de Humboldt préfère de la remplacer par un ouvrage entièrement diffé-
rent, par une Géographie des plantes qui embrasse l'un et l'autre hémisphère, et pour laquelle il a
réuni, depuis plusieurs années, un grand nombre de matériaux. L'ancien ouvrage ne traitait spécia-
lement que de la végétation équinoxiale du Nouveau-Continent. Composé, pour ainsi dire, à la
vue des objets, au pied des Cordillères, il a paru long-temps avant le grand travail des Nova Genera et
Species plantarum æquinoctialium Orbis Novi
, dans lequel M. Kunth a décrit quatre mille cinq cents espèces
de plantes tropicales recueillies par MM. de Humboldt et Bonpland. Ce travail (sept volumes in-folio avec
725 planches) ne servira pas seulement à rectifier et à compléter l'indication des espèces dans le Tableau
des régions équinoxiales, dessiné en 1805; il fournira aussi, d'après la discussion des mesures baromé-
triques, et d'après l'examen scrupuleux d'un plus grand nombre d'espèces qu'on ait jamais pu employer
pour ce but, des données précises et des coëfficiens numériques sur la distribution des plantes équinoxiales
dans les plaines et sur les montagnes, en divisant ces dernières par zones dont chacune a la largeur
de 500 mètres. Déjà M. Kunth, dans le dernier volume des Nova Genera, a présenté les Flores spéciales
du Venezuela, de Cundinamarca, de Quito et du Mexique. L'ouvrage que nous annonçons n'offrira pas
seulement l'inventaire raisonné des faits dispersés dans les mémoires publiés jusqu'à ce jour en différentes
parties de l'Europe et de l'Amérique, il sera enrichi aussi de matériaux inédits que l'auteur doit à l'amitié
de plusieurs botanistes et voyageurs qui ont étendu le domaine de nos connaissances.

La Géographie des plantes est une science mixte qui ne peut s'élever sur une base solide qu'en emprun-
tant à la fois des secours à la Botanique descriptive, à la Météorologie et à la Géographie proprement dite.
Comment résoudre le problême intéressant, quelles plantes cryptogames, quelles graminées , quelles
dicotylédonées sont spécifiquement identiques dans l'Ancien et le Nouveau-Continent, sous les zones
tempérées australes et boréales, sans consulter dans les herbiers les espèces voisines, sans posséder la
connaissance la plus exacte de la structure et des caractères essentiels des espèces? Comment juger de
l'influence que les agens extérieurs, la nature et l'élévation du sol, les modifications de l'atmosphère,
sa température, sa pression, son humidité, sa charge électrique, l'extinction des rayons de lumières
qui traversent les couches d'air superposées, exercent sur la végétation, sans connaître l'état actuel de la
Météorologie et de la Physique en général? Comment découvrir les lois de la nature, d'après lesquelles
| 4 les divers groupes de végétaux sont distribués sur les continens et au sein des mers à diverses latitudes et à
diverses hauteurs, sans être muni d'instrumens propres à mesurer les stations alpines, le décroissement
de la chaleur sur la pente des montagnes et dans les couches de l'Océan, les inflexions des lignes iso-
thermes et la répartition inégalé des températures entre les différentes saisons de l'année, sur les côtes et
dans l'intérieur des continens? Si la Géographie des plantes n'a pas fait jusqu'ici les progrès rapides
auxquels on devait s'attendre après un si grand nombre de voyages scientifiques, c'est parce que d'un
côté les botanistes se trouvent souvent dépourvus de moyens nécessaires pour examiner la hauteur des
lieux et les modifications de l'atmosphère, tandis que de l'autre les physiciens, ou ne possèdent pas
les connaissances de botanique indispensables à la détermination des espèces, ou négligent de former des
herbiers dans les lieux dont ils ont fixé l'élévation absolue par de bonnes méthodes hypsométriques.

M. de Humboldt, qui a herborisé pendant cinq ans dans les régions équinoxiales, tantôt seul, tantôt
conjointement avec M. Bonpland, s'est trouvé éloigné par d'autres occupations, depuis son retour
en Europe, de l'étude de la botanique descriptive. Désirant constamment de rendre ses ouvrages
moins imparfaits, il s'est associé M. Kunth, qui, par ses talens et par l'importance de ses nombreux
travaux, occupe une des premières places parmi les botanistes de notre temps. L'ouvrage sera rédigé par
M. de Humboldt; les mémoires ou notes explicatives ajoutées par M. Kunth, seront signées du nom
de ce savant. La Géographie des plantes, rédigée d'après la comparaison des phénomènes que présente la
végétation dans les deux continens, formera un volume in-folio d'à peu près cent feuilles. Aucun ouvrage
général de ce genre n'a encore paru en France. L'Essai elémentaire de Géographie botanique, par M. De-
candolle
, renferme beaucoup de vues neuves et ingénieuses, mais l'auteur a été restreint à un petit
nombre de pages, son mémoire ayant été destiné pour le Dictionnaire des sciences naturelles, publié par
les professeurs du Jardin du Roi. Il n'y a que le Danemarck et l'Allemagne qui possèdent un
ouvrage plus étendu. Cet ouvrage est l'excellent traité de M. Schouw, ayant pour titre: Elémens
d'une Géographie universelle des végétaux
. L'auteur, déjà connu avantageusement par une dissertation
De sedibus originariis plantarum, a augmenté la masse des faits précédemment connus. Il appartient
à ce petit nombre de voyageurs qui, botanistes et physiciens à la fois, comme MM. Ramond,
Wahlenberg, Decandolle, Parrot, Léopold de Buch, Ch. Smith et Pollini, ont déterminé simul-
tanément les espèces, la hauteur des stations et les températures moyennes des lieux. M. Schouw a
étudié avec une noble ardeur la végétation de l'Europe depuis la Péninsule scandinave jusqu'au sommet
de l'Etna. Ses Elémens, publiés il y a trois ans, mériteraient encore d'être traduits en français. Ils sont
accompagnés d'un atlas botanique, et ils portent l'empreinte d'un esprit plein de justesse et de sagacité.
Dans l'ouvrage danois se trouvent réunies avec soin les observations de Géographie botanique que M. de
Humboldt a fait connaître successivement. Celui-ci, à son tour, va puiser dans les Elémens de M. Schouw
tout ce qu'ils renferment de neuf et d'important; mais les deux ouvrages n'auront d'autres ressemblances
que celle qui naît de la nécessité de discuter une partie des mêmes problêmes.

La Géographie des plantes de MM. de Humboldt et Kunth sera ornée de vingt planches au moins,
dont quelques-unes ont rapport à l'aspect de la végétation ou physionomie des plantes. Ces planches seront
exécutées d'après les dessins que M. Rugendas a faits récemment dans les forêts du Brésil. Ce jeune artiste, d'un
grand mérite, a vécu pendant cinq ans au sein des richesses de la végétation tropicale. Il s'est pénétré du
sentiment que, dans la sauvage abondance d'une nature si merveilleuse, les effets pittoresques du dessin
naissent toujours de la vérité et de l'imitation fidèle des formes. Le nouvel ouvrage fait essentiellement
partie du Voyage aux régions équinoxiales de MM. de Humboldt et Bonpland; c'est, pour ainsi dire, une
suite des Nova Genera rédigés par M. Kunth. Comme il traite des plus grands problêmes de la nature, il
n'offre pas seulement un intérêt scientifique aux botanistes et aux physiciens, il se recommande aussi à
la méditation de ceux qui aiment à visiter les montagnes, ou à suivre les voyageurs dans le récit de
leurs courses lointaines. Parlant à la fois à l'esprit et à l'imagination, la Géographie botanique, comme
l'Histoire de cette antique végétation qui est enfouie dans le sein de la terre, présente une des études
les plus attrayantes. Après avoir exposé le détail des phénomènes et avoir décrit les observations par-
tielles, il est permis de s'élever à des idées générales; car ce serait méconnaître la destinée de l'esprit
humain que de borner le progrès des sciences à une accumulation stérile de faits.


CONDITIONS DE LA SOUSCRIPTION.

Il ne sera tiré que 140 exemplaires, dont 125 sur papier jésus, et 15 sur grand colombier.

L'ouvrage paraîtra en quatre livraisons. Là première sera mise au jour le 1er juillet 1826, et les suivantes à trois
mois d'intervalle l'une de l'autre.

Le prix de chaque livraison est, pour le souscripteur, le même que celui du Nova Genera et Species plantarum ,
savoir:

  • 180 fr. sur papier jésus.
  • 200 fr. sur grand-colombier.

On ne paie rien d'avancé, mais le souscripteur voudra bien envoyer à l'éditeur l'engàgement suivant rempli et signé.

J'ai chargé M. Gide de faire tirer pour moi   Vom Schreiber ausgelassen (1 Wort)        exemplaire  Vom Schreiber ausgelassen (1 Wort)        de la GÉOGRAPHIE DÉS PLANTES, par MM. de Hum-
boldt et Kunth, et je m'engage à retirer et payer les quatre livraisons, à mesure qu'elles paraîtront, au prix indiqué
par le prospectus.

A   Vom Schreiber ausgelassen (1 Wort)        ce   Vom Schreiber ausgelassen (1 Wort)       


Paris, Imprimerie de J. Smith, rue Montmorency, n° 16

Zitierhinweis

Humboldt, Alexander von: Französische Ankündigung der „Géographie des plantes, rédigée d'après la comparaison des phénomènes que présente la végétation dans les deux continens“ (1826), hg. v. Ulrich Päßler. In: edition humboldt digital, hg. v. Ottmar Ette. Berlin-Brandenburgische Akademie der Wissenschaften, Berlin. Version 5 vom 11.09.2019. URL: https://edition-humboldt.de/v5/H0016426


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